20-11-2005
Libre opinion : De la détermination à l'autodétermination
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20-11-2005
« Sans autodétermination, point de nation. Sans détermination, point d’autodétermination. »
Ces phrases sont simples mais non simplistes. Elles représentent un
schéma mental fondamental dans le cadre du droit à l’autodétermination
qui est indépendant des structures des partis. Le peuple arménien a
besoin de sa patrie historique et non de partis qui se contentent
d’exister sans revendiquer l’essentiel. Car sans la revendication,
l’existence n’est pas une vie mais une survie sans avenir. L’autodétermination est un droit fondamental, imprescriptible et
inaliénable. Cependant si nous voulons qu’il soit effectif nous devons
le revendiquer et cela doit être fait avec détermination. Car le
processus est complexe, non pas en raison des problèmes politiques et
juridiques qu’il soulève mais des problèmes d’ordre psychologique car
il s’agit d’une véritable prise de conscience. Celle-ci rendue
difficile par la barbarie du génocide et la dispersion de la diaspora
ainsi que le véritable démembrement de l’Arménie historique, est
pourtant nécessaire à la notion même d’arménité. Le choc et le
traumatisme psychologiques doivent être dépassés pour permettre au
peuple arménien de s’épanouir et d’évoluer après cet évènement qui
aurait pu être la fin de son histoire. Seulement à travers cette lutte
qui va dans le sens de celle de la reconnaissance du génocide, le
peuple arménien doit transcender son existence. Car les efforts à
produire sont multiples puisqu’ils concernent aussi l’histoire, la
langue mais aussi la culture de ce peuple. Si le génocide semble
lointain à certains, c’est qu’ils ne savent pas qu’il se poursuit sous
différentes formes. Et si nous restons neutres nous devenons complices
du génocide de la mémoire, du génocide de la culture. Si nous n’y
prenons pas garde des noms aussi célèbres qu’Akhtamar ou Ararat
n’appartiendront qu’au domaine de l’archéologie. Mais les églises et
les monastères continuent à prier malgré les tortures qu’ils subissent.
Et l’autodétermination est un moyen effectif et concret pour non
seulement arrêter ce massacre mais pour permettre au peuple arménien de
revivre non comme un esclave mais comme un citoyen libre. Car avec
l’autodétermination, le peuple arménien qui vit en exil peut se doter
d’une structure capable d’exercer une pression afin de remettre en
question le traité de Kars qui représente un outrage comme nous l’avons
mis en évidence dans un article précédent. Ceci est possible car le
peuple arménien n’est pas seulement un peuple de victimes, c’est aussi
un peuple résistant comme l’a démontré l’apport d’Artsakh. L’Arménie
historique n’est pas seulement un état démembré et une minorité
nationale, c’est une véritable nation. Néanmoins cette nation n’est
nation qu’en puissance. Car pour que cette nation existe véritablement,
la phase d’autodétermination est nécessaire. En parallèle, celle-ci
doit s’accompagner de recours à la Cour Européenne des Droits de
l’Homme pour non jouissance de droits. Le problème de l’arménité est multiple même si son noyau est la
reconnaissance du génocide aussi il doit être traité de manière globale
et même holistique pour qu’il puisse servir d’élément moteur à la cause
arménienne. L’autodétermination est un droit mais pour être effectif,
il doit être revendiqué par une stratégie déterminée qui ne dépend pas
du dogme de l’ennemi.
N. Lygeros

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Source/Lien : Gamkonline
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