Note d'intention de l'auteur pour le scénario A la croisée du bleu

N. Lygeros




Le scénario A la croisée du bleu est un double hommage à la ville de Missolonghi à travers le traitement de la polycyclicité du temps. Dans cette ville du sud de la Grèce, le temps s’est arrêté après le siège. Elle est devenue par la suite la ville des héros et des victimes, un véritable symbole pour toute la Grèce. Seulement à une époque qui ne cesse de dénigrer les symboles, l’hommage à Missolonghi semble une utopie. Pourtant la beauté de cette région ne peut laisser indifférent le voyageur même si ce dernier a oublié l’histoire. Le scénario tente de montrer que cette beauté vit à travers le temps, grâce au sacrifice des hommes. Chacun des éléments qui la constitue, n’est en réalité qu’un des vestiges de ce passé qui ne peut mourir. La singularité de la mer qui borde la ville mérite à elle seule le regard cinématographique afin d’admirer la lumière de l’instant, la cabane du monde et la porte du temps. De nombreuses images illustrent le scénario et le renforce grâce à leur historicité. Le moulin à vent, la pinacothèque ou encore l’église de l’îlot, nous entraînent malgré nous dans le voyage temporel à l’instar des héros du scénario. Le journal de Pétros, qui représente une référence directe au journal écrit par Meyer durant le siège de Missolonghi, permet de créer le passage nécessaire au créateur de mémoire pour atteindre la tombe de l’immortalité. A travers le conte de Marina et la seconde vie, nous retrouvons le tableau de la liberté. Ce célèbre tableau permet l’ouverture du labyrinthe de la passion afin d’apercevoir la liberté de la mort. C’est ainsi que le rêve de l’immortalité engendre la métamorphose d’Athanassia. Et quand le passé rencontre le futur, nous saisissons enfin le sens de l’assassinat du sauveur. Au delà du crime et du châtiment, les possédés retrouvent le frère caché. C’est uniquement de cette manière que l’homme accède à la crucifixion de l’océan qui demeurerait un mystère sans ce sacrifice. A la croisée du bleu mêle les images du passé fichées dans le présent mais incomprises par l’oubli qu’engendrent le quotidien et la société. Le scénario s’appuie sur la théorie de la polycyclicité du temps pour construire des schémas mentaux qui mettent en exergue la véritable nature de l’homme. Il est adapté pour une recherche cinématographique car sa construction exploite des éléments non linéaires du temps. Le cinéma permet la parallélisation et le mix stratégique des images qui doivent se confondre pour rendre compte de la multiplicité et de la richesse du temps des hommes. Un seul élément divergent engendre des complications sociales qui nous permettent de réaliser combien la singularité humaine peut paraître indécente dans un contexte social dogmatique. Le scénario dans son ensemble rend donc hommage aux libres assiégés de Missolonghi qui représentent un paradigme d’humanité.







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