La puissance de la mémoire

N. Lygeros




En stratégie, tout ne se fait pas pour avoir des répercussions immédiates. Il existe même des cas où certaines manœuvres sont effectuées en sachant qu'il n'y aura pas gain de cause. Cela nous pouvons le voir se matérialiser dans différents domaines mais aussi dans celui des droits de l'homme. Ainsi certains hommes politiques proposent des amendements au profit d'une cause en sachant qu'ils seront rejetés. D'autres font des recours techniques en sachant qu'ils ne peuvent aboutir. Dans ces cas, l'important n'est pas le résultat en lui-même mais l'intention. Il exploite un schéma mental insensé qui est encore dans la mentalité des gens à savoir que c'est l'intention qui compte.
Le nouveau recours en justice à l'encontre du Mémorial Lyonnais pour le génocide des Arméniens n'a qu'un seul but. Ni d'arrêter le processus enclenché, ni de ralentir les travaux. Grâce à l'architecte, son équipe et l'association qui gère la construction du Mémorial, ce dernier n'est pas en danger de ce point de vue. L'unique but de ce nouveau recours, c'est de montrer qu'il existe. En d'autres termes que la lutte continue. Peu importe qu'elle soit vaine. L'homme politique pourra l'exploiter par la suite afin de montrer sa présence sur la scène. Personne ne pourra lui reprocher d'avoir rien fait parmi les fanatiques de l'oubli même si de facto, il ne pouvait rien faire. Aussi nous ne devons pas nous décourager pour ce nouveau recours en justice. La justice est cette fois du côté de la mémoire. Le peuple français ne sera pas déshonoré par ses tentatives d'effacer la mémoire car en définitive, cette dernière sera bien présente sur la place de Lyon. La ville en tant que lieu de résistance pourra s'enorgueillir à nouveau d'avoir aidé une cause juste, celle de la reconnaissance du génocide des Arméniens.
Il faut certes affronter ce nouveau recours mais en l'abordant d'une manière différente, car cette fois le temps est avec nous. L'idéal n'est plus de le rejeter le plus tôt possible afin de montrer l'ineptie de la manœuvre. Au contraire nous devons gagner du temps en en perdant dans ce recours afin qu'il n'existe plus assez de temps pour un nouveau. Nous sommes désormais dans une phase d'usure ou plus exactement de frictions. Or celles-ci, nous ne devons pas les éliminer, nous devons les gérer afin de les amplifier pour servir notre cause.
Ce n'est donc pas le moment de désespérer avec cette nouvelle plainte. Nous devons l'interpréter comme un investissement futur en matière de manœuvres électorales et non comme un affrontement direct à l'encontre du Mémorial Lyonnais pour le Génocide des Arméniens.
Nous devons rester unis mais aussi conscients de la nature des manœuvres politiciennes. Nous devons tenir le coup face à cette nouvelle attaque même si elle est artificielle. Notre but est toujours le même. Le Mémorial doit exister, le Mémorial existera.







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