Sur la nécessité d’une campagne de recours européens pour la Cilicie

N. Lygeros




Dans le cadre de la cause arménienne, les Arméniens originaires de Cilicie peuvent jouer un rôle particulier au niveau des recours à la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Ceci s’explique entre autres par le fait que la date du 24 Avril 1915 est avant tout symbolique pour la Cilicie, car de nombreuses actions sur le plan diplomatique se poursuivent sans nullement tenir compte de la problématique humaine du génocide. Cela prouve indirectement l’existence de documents officiels qui attestent de la valeur des droits de propriétés des Arméniens.

Un exemple concret c’est l’accord d’Ankara du 15 Mars 1920 signé par l’Italie et la Turquie. Indirectement cet accord montre l’existence d’Arméniens en Cilicie et de Grecs à Smyrne. En effet, l’Italie proche des visions kémalistes s’est mise, en échange de compensations financières, dans l’obligation de se retirer, sans livrer combat, de la zone intermédiaire. La conséquence de cette action c’est la création de deux enclaves : une grecque à Smyrne et une française en Cilicie. Et dans la zone intermédiaire une armée massive de Turcs qui avaient désormais accès à la mer. De cette manière, le front des forces alliées n’avait plus de sens.

Un autre point tout aussi concret, bien qu’aussi fragile que les porcelaines où il a été signé, selon la fameuse expression de Poincaré, c’est la possibilité de créer une grande Arménie via le Traité de Sèvres. L’existence de ce point le 10 Août 1920 fait encore reculer l’échéance arménienne dans la région de Cilicie.

A ce point, il est encore possible d’ajouter l’article de l’accord d’Angora du 20 Octobre 1921 qui prévoit le retrait de la France de la région de Cilicie. Ainsi, nous voyons que les Arméniens de Cilicie sous la « protection » officielle de la France, sont encore détenteurs à cette époque de documents qui attestent leur droit de propriété. Et ces dossiers étaient aussi reconnus par la France. C’est pour cette raison que nous avons nous-mêmes rencontrés des Arméniens dont les parents ou grands-parents se sont enfuis à cette époque au Liban et là-bas ont fait traduire en français leurs droits de propriétés. De manière générale, de nombreux Arméniens de Cilicie sont détenteurs de ce type de documents parfois écrits uniquement en osmanli et ne sont pas conscients de leur importance et de leur efficacité via la Cour Européenne des Droits de l’Homme. C’est pour cette raison que nous pensons qu’il est nécessaire d’effectuer une véritable campagne d’information à ce sujet. Les Arméniens de Cilicie se considèrent trahis par la France de l’époque seulement ils ne savent pas encore que grâce à cet état de fait, ils peuvent désormais faire des recours contre la Turquie auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et obtenir gain de cause pour la non jouissance de leur propriété. Aussi chacun de nous doit les informer que leurs cas sont plus faciles à traiter en raison de la présence de la France.







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