Morceau de bois

N. Lygeros




Le violoncelle ne sonnait plus comme avant,
Son joueur avait beau manier l’archet avec virtuosité,
Il manquait l’essentiel.
Son âme avait été arrachée en 1915
Et depuis en souvenir de l’anéantissement,
Le joueur se refusait à la remplacer
Car il avait lui aussi perdu la sienne dans les camps.
Seule la partition pouvait leur donner
Ce qui leur manquait désespérément.
Aussi ils ne cessaient de jouer
Car ils n’avaient plus rien à perdre.







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Opus