L’identification de l’ennemi en tant que problème stratégique

N. Lygeros




Dans le cadre du fonctionnement de la stratégie, il est indispensable d’utiliser les moyens d’information et même de désinformation pour atteindre certains objectifs. Le danger de ce type de procédé à savoir la création d’un dogme, c’est d’influencer ses propres utilisateurs au point qu’ils finissent par sous-estimer l’ennemi. Car la nature du dogme ne s’identifie pas simplement avec l’appareil de propagande. Il doit avoir une valeur intrinsèque sinon il s’effondre dans le cadre d’un conflit. Ce phénomène est connu dans le cadre du processus de dissuasion. Certes celle-ci n’est conçue que pour fonctionner dans le virtuel mais elle se base sur des données qui sont réelles. Si ces dernières ne le sont pas alors immanquablement la stratégie de dissusasion s’effondrera sous le choc car elle n’aura pas réussi à convaincre l’ennemi de sa validité. Ce même schéma se retrouve en grande stratégie au niveau du dogme. Toute confusion à propos de ce dernier au niveau de sa base organique engendre des dommages unilatéraux. Le problème général, c’est que le défaut ne peut être visible par la population puisque celle-ci, par définition, vit dans le dogme. Aussi les répercussions de son effondrement sont encore plus négatives car elles sont par nature inattendues. Du point de vue théorique, le dogme doit avoir une architecture certes imposante pour l’ennemi mais surtout fonctionnelle et flexible pour l’utilisateur. Il est donc relativement naturel, d’utiliser des notions de modularité. Par contre, les modules doivent être pensés pour être polyvalents et légers en termes d’infrastructure afin de ne pas engendrer des problèmes de logistique. Sans cette précaution, la structure interne peut aisément devenir un puzzle et même un casse-tête. Dans ce cas, le dogme n’offre que peu de plasticité et par conséquent d’adaptabilité selon la nature du conflit. Il est certain que le dogme ne peut être universel par nature même de la stratégie. Mais sa plate-forme doit être suffisamment modulaire pour pallier à la diversité des situations possibles. Le dogme contraint l’adversaire et donc d’une certaine manière limite les choix de ses configurations d’attaque. Néanmoins cela ne signifie pas pour autant qu’il constitue en soi, une stratégie dominante. Car dans le meilleur des cas, à savoir l’existence d’une telle stratégie, il ne peut être qu’un élément de cette dernière. Aussi lorsque toute la grande stratégie n’est basée que sur la notion de dogme, il est évident que cela représente une erreur grave et même parfois fatale comme l’a déjà démontré l’histoire. Il est donc toujours surprenant pour un stratégiste de constater que ce type d’erreur peut encore s’effectuer de nos jours. Malgré cela, en stratégie, nous devons prévoir même cette configuration. Surtout si l’utilisateur représente l’un de nos alliés. Car l’effondrement de sa structure défensive ou même offensive peut avoir des répercussions sur la nôtre. Le système d’alliance n’est que virtuel dans le dogme car il n’est fonctionnel que dans la réalité. Ainsi cet ensemble de considérations doit être intégré si nous souhaitons une stratégie efficace.







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