Transcription des notes d’A. Carathéodory sur le Tableau Général de l’Empire Othoman par d’Ohsson

N. Lygeros




p. XXXIII D’après cela on se persuadera que la correction de ces abus
et le changement de cet Empire ne présentent point des obstacles insurmontables
quelque lente que soit d’ailleurs la marche des révolutions morales et poli-
tiques qui ne sont jamais que l’ouvrage du temps et du génie. Pour ré-
former les Othomans, il ne faudrait donc qu’un esprit supérieur, qu’un
Sultan sage, éclairé, entreprenant. Le pouvoir que la religion met dans
ses mains, l’aveugle obéissance qu’elle prescrit aux sujets pour tout ce
qui émane de son autorité rendraient l’entreprise moins hasardeuse
et les succès moins incertains. Par la disposition textuelle de la loi,
le Souverain a le droit, la force, la puissance de changer à son gré les
reports de l’admion civile et politique de l’Empire, et d’adopter
les principes que pourraient exiger les temps, les circonstances, et l’intérêt de
l’Etat. Tout dépend, comme on voit, d’une seule tête, qu’un
Mohammed II, qu’un Sélim I, qu’un Suleiman I, montent encore
sur le trône, qu’ils soient secondés par le génie puissant d’un Khaireddin Pacha,
d’un Sinan Pacha, d’un Kupruli, qu’un Mufti animé du même zèle et du
même esprit entre dans leurs vues, que ce chef des Oulémas veuille de concert
avec eux faire tourner au bien de sa nation l’influence que lui donnent
et la dignité de sa place et l’opinion des peuples, alors on verrait les
mêmes Othomans, jusque là si concentrés dans eux-mêmes et si
tyrannisés par l’empire des préjugés populaires, entretenir avec les
Européens des relations plus intimes, adopter leur tactique et leur
système militaire, se livrer aux découvertes nouvelles, cultiver les
sciences et les arts, élever leur admion à des principes différents, enfin changer
absolument la face de leur Empire.







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