Transcriptions des notes d’A. Carathéodory sur la vision musulmane des captifs et des pays conquis

N. Lygeros




(1) Cependant on a vu
des Mahométans réduire
en esclavage des Mahomé-
tans Sunnis  régnicoles
ou étrangers. Après la
victoire remportée en 1422 par
Murad II sur le faux
Moustafa, les janissaires
vendirent publiquement
dans le camp, leurs ca-
marades pris sous les
drapeaux du rebelle
à raison de deux pour
un mouton. [E]t dans
toutes les guerres entre
les Ottomans et les
Tartares de Crimée
ceux-ci ne manquaient
jamais de vendre leurs
captifs.



6. Des captifs : Les prisonniers
faits à la guerre perdent leur liberté
civile. Ils sont absolument à la
discrétion du Souverain. Par contre
l’Islamisme ne reconnaît pas aux
autres peuples le droit de faire esclave
un Musulman. (1) Parmi les exceptions
que souffre la loi de l’esclavage
notons celle qui est relative à tout ennemi
en général, qui aurait embrassé le
culte Mahométan en pays étranger
avant de tomber au pouvoir des
vainqueurs. Dans aucun cas, il
n’est permis de relâcher les captifs
et de les laisser sortir des terres
Musulmanes ; pas même pour
une rançon. Par suite du même
principe il n’est pas permis d’
échanger les prisonniers de guerre.
7. Des pays conquis Toutes les
conquêtes faites les armes à la main
et tous les avantages obtenus sur les
ennemis de l’Etat, sont à l’entière dis-
position du Souverain. Il est maître



 

du sort des peuples vaincus, ainsi que des
places, des villes, des pays conquis. Il peut en
distribuer les terres à ses soldats à titre
de fiefs militaires, ou les donner à des Mu-
sulmans à condition qu’ils paieront la
dîme. Il peut encore laisser à leurs
anciens propriétaires non-Musulmans
les fonds ruraux situés dans des con-
trées qui se sont soumises volontaire-
ment, ou qui se sont rendues par capitu-
lation, ou même qui ont été réduites par
la force des armes.








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