Le rôle de la France dans l’Union Européenne

N. Lygeros




Le cadre traditionnel des élections présidentielles et l’enjeu national qu’elles représentent, nous font oublier le véritable objectif de la France qui est européen. En effet, 50 ans après le Traité de Rome, le rôle de la France dans l’Union Européenne s’est forcément renforcé. Elle appartient à toutes les structures extra-européennes comme le Conseil de l’Europe, et intra-européennes comme l’Eurogroupe. La France n’est pas seulement dans le noyau européen mais dans le corps d’une géométrie variable européenne. Elle est aussi au cœur d’une véritable pensée géostratégique européenne. Et elle joue de plus un rôle fondamental dans le domaine des droits de l’Homme. Aussi ne pas tenir compte de cet ensemble de données et mettre en avant des objectifs locaux, c’est commettre une erreur non seulement au niveau stratégique mais aussi conceptuel.

La France ne doit pas être l’héritière d’une monarchie ou de la collaboration. Elle n’est pas plus le pays d’une nation de miséreux. Sur sa terre sont nés les misérables de Hugo pour montrer la grandeur humaine. Sa lumière ne provient pas seulement du soleil, mais aussi du siècle de Rousseau et de Voltaire. Sa culture dépend de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Ses institutions comme le Collège de France datent de François Ier. La France a une dimension diachronique dans l’espace européen qui ne peut être réduite à des problèmes contemporains. Les acquis communautaires ou le droit d’ingérence sont des entités françaises à l’origine mais elles ont été conçues pour être partagées à l’instar d’association comme médecins du monde. Et qui pourrait imaginer l’Union Européenne sans l’axe franco-allemand ?

Le problème des élections présidentielles n’est donc pas local, il est certes national mais dans une perspective européenne. Sans celle-ci, la problématique électorale n’a aucun sens. Nous ne cessons de nous poser des problèmes sans grandeur alors que nous avons besoin d’une envergure européenne. Tout ne peut pas être réduit à des restrictions locales. La France ne peut pas se permettre de vivre repliée sur elle-même pour panser les miséreux. Elle doit penser la misère afin de compléter les acquis communautaires par des acquis sociaux. Mais cela doit être effectué dans l’espace européen. La réclusion est une dégénérescence du système conceptuel. Dans le cadre européen, la France doit oser et doit être audacieuse afin de montrer que la politique réaliste ne crée pas d’avenir. Le confinement dans le passé ne permet que de survivre mais pas de vivre. Cessons de nous placer dans un contexte uniquement national. La France doit être une nation combative car les négociations sont plus subtiles. Nous devons faire preuve de capacités qui ne doivent pas être remises en cause par des considérations non européennes. Il nous faut sur le plan stratégique, un jeu de combinaisons complet car les positions ne suffisent pas. Il ne s’agit pas de tenir des positions mais de prendre des initiatives dans un champ conceptuel européen. Car la France est une nécessité pour l’Europe autant que l’Europe l’est pour la France.







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