L’intersection européenne

N. Lygeros




- Nous ne cessons de parler de l’Union Européenne
- Est-ce mal ?
- Non, pas en soi.
- Alors je ne saisis pas.
- Nous devrions parler de l’intersection.
- Que veux-tu dire ? Cela n’existe pas.
- Au contraire, cela existe alors que l’union doit se réaliser.
- Mais de quelle institution parles-tu ?
- D’aucune ! Je ne crois pas aux institutions !
- Est-ce un nouveau concept alors ?
- Il est diachronique.
- De mieux en mieux. Pourrais-tu être plus précis ?
- L’union n’est pas simplement la réunion d’ensembles disjoints.
- De la théorie des ensembles à présent !
- Tu m’as demandé d’être précis.
- Je ne parlais tout de même pas d’une précision mathématique.
- En tout cas, l’idée c’est que nous avons des choses en commun.
- Personne ne le conteste !
- Mais personne ne le met en exergue.
- C’est vrai aussi.
- Alors qu’il s’agit du plus puissant des arguments.
- Des arguments de qui ?
- De l’Union.
- Nous voilà revenus à l’Union.
- C’est notre objectif mais pas le moyen.
- Aussi c’est l’intersection qui serait l’argument.
- Tout à fait.
- Dans le cadre de l’élargissement.
- Et même de la succession d’élargissements que nous avons vécue.
- N’exagères-tu pas ?
- Absolument pas.
- L’élargissement se fonde sur l’intersection sinon il perd son sens.
- En élargissant nous retrouvons les éléments communs de l’intersection.
- De cette manière l’élargissement est une procédure de complétude.
- Et la capacité d’absorption apparaît comme une prérogative.
- En ne parlant que de l’Union nous oublions l’intersection.
- Alors que celle-ci est notre passé.
- Et l’Union notre avenir.







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