Sur l’absence du syndrome de Lima

N. Lygeros




- Tu ne penses tout de même pas qu’ils tueront les otages.
- Ce ne sont pas des otages, c’est un peuple tout en entier.
- Une enclave humaine ?
- Des esclaves d’un présent omnipotent.
- Ils ne les tueront pas.
- Tu en es certain.
- Ils les laisseront mourir à petit feu.
- Mais pourquoi ?
- C’est une nécessité temporelle et plus spatiale.
- Ce peuple peut-il se libérer ?
- Non, car il a développé un syndrome de Stockholm massif.
- Pourrait-il être sauvé par le syndrome de Lima ?
- Celui-ci est inconnu dans ce pays.
- Je ne saisis pas.
- Les otages valent plus que des humains.
- Tu dis vrai ?
- L’humain n’a aucune valeur. Tout est raison d’état.
- Néanmoins, l’état n’a pas de raison.
- Voilà pourquoi le système est absurde.
- Sans réaliser l’absurdité de cette logique.
- Ils vivront donc…
- Oui mais dans quelles conditions.
- Des conditions nécessaires.
- Sans être suffisantes.
- Proposes-tu quelque chose ?
- La mort.
- Est-ce l’enseignement de la stratégie ?
- Oui.
- Que dit-elle du sacrifice alors ?
- Une mesure parfois nécessaire.
- Même à perte.
- La perte est elle aussi une valeur.
- Seulement il faut savoir la gérer.
- Le sais-tu ?
- Non.
- Alors nous nous sacrifierons.
- Pour un peuple mort ?
- Non pour un peuple à naître.
- Je suis ton homme.











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