Sur la nécessité d’un traité pour l’Union Européenne

N. Lygeros




L’évolution de la situation mondiale montre de plus en plus la nécessité d’un traité pour l’Union Européenne. Celle-ci doit se réorganiser de manière interne afin d’affronter efficacement une géopolitique globale de plus en plus active. Le positionnement de l’Union Européenne est indispensable pour mettre en place des réformes qui généralisent les acquis communautaires afin d’obtenir ce que nous nommons des acquis sociaux. Les citoyens européens en ont besoin, il faut donc se pourvoir d’outils institutionnels qui permettent de réaliser ces visions européennes. Nous avons de plus vraiment besoin d’une stratégie unifiée en matière de politique extérieure. Le traitement des frontières de l’Union Européenne n’est plus une vue de l’esprit. Il s’agit de concrétiser une pensée géostratégique. L’analyse des propriétés de convexité et l’existence d’enclaves ne sont plus des détails de spécialistes. Seulement après l’analyse, il faut être capable de prendre des décisions, ensemble, sans être coincé par le problème du veto. La structure même de l’Union Européenne ne peut évoluer sans cela. Les efforts de la France dans ce domaine sont tout à fait favorables, mais ils doivent être renforcés par la diplomatie allemande. Or celles-ci à des difficultés intrinsèques avec la Pologne. Il faudra donc les transcender par un renforcement du noyau européen, à savoir l’intersection européenne. Sans cela le retard sera inévitable. Ceci sera d’autant plus intolérable que nous jouons dans le fond, sur une problématique avant tout symbolique. Car la combinaison des traités de Nice et de Maastricht avec la Chartre des droits de l’Homme et ce que nous appelons pour le moment un mini-traité, ressemble à s’y méprendre au projet de Constitution Européenne. Au lieu d’avoir un texte global, nous avons une série de textes qui vont dans le même sens. Cependant la dernière partie doit véritablement constituer l’établissement d’un mix stratégique. La relance allemande est largement positive sur le plan européen. Ce renforcement provenant du noyau européen redonne confiance à nos partenaires et ce d’autant plus qu’ils sont à la frontière de l’espace européen. Notre problématique est donc celle de l’interface, à l’heure actuelle. Car nous sommes dans une phase paradoxale en raison de l’existence de tendances opposées. L’approche continentale et outre-atlantique doivent être dépassées afin d’établir ce nouveau traité. Ne pas réaliser que nous sommes dans une impasse stratégique, n’est pas seulement une erreur diplomatique. La reconfiguration du mode de vote est une nécessité pour tout le monde. Seulement nous ne devons pas nous contenter d’un équilibre de Nash dégénéré dans le sens où nous sommes dans un cadre coopératif non exploité. Il ne s’agit pas seulement d’une interprétation de la théorie des jeux. Pour être efficace, nous avons besoin de travailler dans un ensemble de Pareto. L’Union Européenne ne doit pas seulement exister un niveau formel. Elle doit pouvoir vivre, évoluer et agir pour le bien de ses citoyens. Actuellement avec la phase statique que nous traversons, la marge de manoeuvre est extrêmement faible et nous sommes obligés de gérer des problèmes de friction dans notre législation. Aussi il nous faut un redéploiement tactique basé sur une stratégie véritablement européenne et donc sur une Europe stratégique.







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