Le combat des jardins

N. Lygeros




La tactique des barbares était constante. Ils exploitaient les réfugiés des villages massacrés ou incendiés pour augmenter artificiellement la population des villages qui résistaient. Ainsi ils pouvaient affamer plus rapidement ces derniers. Le maître du temps et ses disciples se firent passer pour des réfugiés et ils pénétrèrent dans la citadelle des jardins en secret. Ils essayèrent de réconforter les réfugiés sans pour autant se faire remarquer par les autres. Les hommes étaient exténués et apeurés. Ils avaient vu de près le feu de la barbarie. Ils étaient venus dans la citadelle pour retrouver les leurs. Seulement l’arrivée des réfugiés affecta le moral des hommes libres. C’était une autre des conséquences de la tactique des barbares. Les disciples se dispersèrent dans le quartier des jardins. Ils devaient créer des points de stabilité dans le silence. Sans intervenir, ils devaient influencer les hommes afin de faire le contrepoids. L’attaque barbare avait été terrible mais rapide car les hommes n’avaient pas eu le temps de se défendre. Seulement cette fois la citadelle résisterait. Il fallait qu’elle résiste. C’était l’unique moyen de montrer que la barbarie n’était pas invincible. La citadelle avait des maisons barricadées, des murailles et des tranchées. Il était possible de tenir un siège. Le maître du temps savait qu’il fallait contre-attaquer. Ils se regroupèrent avec des volontaires et empruntèrent les tunnels de distribution d’eau. Ainsi ils parvinrent à faire sauter une des casernes du siège. Les barbares, surpris par cette subite frappe, furent exaspérés. Comment une poignée d’hommes pouvait-elle s’en prendre à leur invincible armée ? Certains des barbares abandonnèrent le siège car ils n’étaient pas habitués à la résistance. Dans la citadelle, cet exploit redonna du courage aux résistants. Ils se mirent à fabriquer des cartouches, de la poudre mais aussi des mortiers. Comme ils manquaient de matériel, ils décidèrent de fondre un canon pour concentrer le feu contre le choc. Ce canon ne manqua pas de surprendre les barbares. Ils furent pris de revers et une autre de leur caserne fut détruite. Ce fut à ce moment que les résistants reçurent une proposition écrite du chef des barbares. Le chevalier sans armure comprit qu’il s’agissait d’une ruse. Le groupe tenta vainement de convaincre les autres. Les négociations proposées étaient un piège. Le chef des barbares ne pouvait rien contre eux seulement les résistants ne le savaient pas et ils étaient à bout. Et pour les impressionner il fit massacrer les prisonniers. Cette fois, il était impossible de convaincre les hommes de ne pas négocier. Alors le groupe décida d’agir autrement. Ils partirent de la citadelle. C’était le seul moyen de la défendre. Le paradoxe était incompréhensible mais représentait la solution. Le groupe traversa les lignes ennemies. Ils se positionnèrent sur un autre point et provoquèrent une violente contre-attaque avec d’autres volontaires. Cela obligea le chef des barbares à lever le siège de la citadelle pour porter secours à son aile. Le groupe avait sauvé la citadelle mais devrait supporter la nouvelle offensive du chef des barbares.







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