L’embargo turc et la résistance de l’Artsakh

N. Lygeros




De nombreuses personnes dans le monde pensent que la Turquie est une force militaire respectable et respectée. Ces mêmes personnes pensent qu’un État comme l’Artsakh ne peut rien revendiquer en raison de la faiblesse de ses moyens. Que ces personnes représentent la majorité ne nous préoccupe pas le moins du monde car la réalité est là pour les contredire.

Afin d’imposer son embargo, la Turquie a fermé frontières avec l’Arménie en 1991. Ceci est censé être un acte de représailles face À un conflit avec l’Azerbaïdjan qu’elle est censée soutenir. Il ne faut tout de même pas oublier que l’Artsakh a gagné la guerre et a retrouvé son status. Aussi l’Arménie peut considérer à juste titre qu’une partie de ses territoires occupés a Eté libérée, et ce malgré les protestations de la Turquie. Ainsi cette dernière qui se vante d’être un État non seulement stable mais surtout stabilisateur dans la région, est incapable d’imposer son dogme à un État comme l’Arménie. L’Arshak continue à se développer. L’État a déjà une constitution et un président élu au suffrage universel. Et il aura bientôt une assemblée qui répondra à tous les critères de droit international. Par conséquent le positionnement rigide de la Turquie à l’égard de l’Arménie, n’influence aucunement l’évolution de l’Artsakh. De cette manière, il est difficile de ne pas interpréter ces faits comme une contestation de facto de la politique turque dans la région. Cela semble sans doute une évidence pour les combattants de la cause arménienne mais ce n’est pas le cas pour tout le monde et les conséquences géopolitiques sont plus importantes qu’elles n’y paraissent. La Turquie revendique un rôle clef dans la région et ce, particulièrement depuis que les Etats-Unis s’y implantent de plus en plus fortement aussi il n’est pas dans leur intérêt d’être contestés par la présence de l’Arshak. Lorsque la Turquie tente de se positionner sur l’échiquier de la Mésopotamie en tant qu’élément stabilisateur alors que les joueurs sont de très grande envergure, comment interpréter l’échec turc d’imposer sa volonté dans la région du Caucase qui est nettement moins explosive? En d’autres termes, comment la Turquie peut-elle acquérir du crédit dans une telle situation? Nous avons donc un schéma mental analogue à celui de l’affrontement entre David et Goliath? Et ce schéma se répète vis-à-vis du conflit entre la résistance kurde et l’armée turque. Cette dernière se targue d’être l’une des plus nombreuses du monde. Seulement lorsque nous examinons ses réalisations et non sa capacité potentielle, il est difficile de ne pas penser à l’expression : c’est la montagne qui accouche d’une souris. La Turquie s’est appuyée sur des génocides pour affirmer sa puissance. Seulement elle a exterminé des populations non armées. Elle tente d’imposer sa projection mentale à travers l’armée alors que cette dernière n’a su démontrer dans le temps que sa capacité à défendre la Turquie de la Turquie. Elle agit comme élément stabilisateur de tensions internes. Tandis que lorsqu’il s’agit de démontrer sa valeur dans un conflit armé, le dogme turc s’effondre. L’exemple de la résistance de l’Artsakh et de son évolution géopolitique, démontre que la théorie du dogme de la puissance turque est fausse. Nous avons tendance à minimiser cet apport de l’Artsakh car nous craignons ses conséquences. Alors que ces conséquences représentent déjà des réalités tangibles. La puissance turque est avant tout formelle et elle se base sur une croyance en l’omnipotence de l’armée alors que celle-ci ne peut réaliser cette utopie.







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