La crucifixion de la mémoire

N. Lygeros

Traduit du Grec par A.-M. Bras




Cet été-là avant que la terre ne meure
je me suis baissé, j’ai mordu la glèbe
et j’ai senti un goût dans ma bouche :
larmes de la patrie, blessure du soleil.

Et depuis cet instant, plus jamais je ne me suis baissé
rien ne pouvait me blesser.

Cet été-là avant qu’ils ne brisent les icônes
j’ai pleuré, j’ai cloué mon temps
et j’ai caché le monde dans ma souffrance :
lumière du noir, siècles de pierre.

Et depuis cet instant, plus jamais je n’ai pleuré
rien ne pouvait me délivrer.







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