Artsakh, la terre des hays libres

N. Lygeros




Les menaces grondent mais elles n’impressionnent personne sur la terre des hays libres, l’Artsakh. Sur cette terre, les hommes sont plus près du ciel car les montagnes leur appartiennent comme eux-mêmes appartiennent à ces montagnes. Il ne suffit pas de menacer pour être craint, il faut être digne de menacer. Les Azéris utilisent les méthodes des Turcs mais leur efficacité s’effondre devant l’écueil que représente la terre d’Artsakh. En réalité cette menace formelle est avant tout une réponse et non une prise d’initiative. Les conséquences de l’évolution du Kosovo se fait sentir et les Azéris ont été forcés de menacer même s’ils ne sont pas crédibles. Au contraire, s’il existe une crédibilité dans la région, elle se trouve en Artsakh. Car les hommes ont résisté à l’envahisseur, se sont libérés de son joug et l’ont repoussé au-delà des frontières de l’Artsakh historique. Les Azéris craignent que le Kosovo ne serve d’exemple à la cause arménienne. Ils ne se rendent pas compte que les Arméniens de l’Artsakh n’ont pas attendu l’évolution de la situation au Kosovo, pour prendre les choses en main. L’Artsakh a une Constitution depuis décembre 2006 et un président élu au suffrage universel depuis juillet 2007. Ces pas ne sont pas seulement symboliques, ce sont des pré-requis à la revendication d’exister en tant qu’état à part entière. Il ne s’agit donc pas seulement d’une volonté patriotique ou même utopique. Il existe des hommes et des femmes qui travaillent avec ardeur et professionnalisme à la mise en place institutionnelle et légale, et ce sur le plan international. Ces hommes et ces femmes ne craignent pas les menaces des Azéris car ils savent que l’histoire est avec eux.

Car la géopolitique ne peut rien sans le substrat culturel. Et les Azéris ne peuvent réfuter l’existence de l’arménité sur la terre de l’Artsakh. Rien n’a été offert aux guerriers de l’Artsakh. Ils ont libéré cette terre arménienne malgré l’inégalité du combat. Ils se sont sacrifiés sans rien demander en retour. C’est exactement pour cette raison qu’à nouveau, ils n’ont rien à perdre en cas de conflit. Ces hommes ont tout donné à la cause arménienne et l’Artsakh leur doit son existence. Aussi ce ne sont pas de misérables menaces de la part des Azéris qui vont leur faire peur ou changer leur mentalité. Certains d’entre eux sont morts, d’autres ont vieilli et d’autres encore n’ont pas eu le temps de naître. Cependant en cas d’un nouveau conflit, ils seront tous présents pour montrer aux Azéris et la communauté internationale qu’ils ne sont pas prêts à abandonner leur peuple et leurs montagnes. De plus, depuis le dernier conflit, des petits hays sont nés libres et ils seront à leurs côtés contre la barbarie de l’oubli. Le monastère de Gandzassar est encore debout malgré toutes les attaques des Azéris et leur volonté d’effacer toute trace d’arménité sur le territoire de l’Artsakh. Les hays d’Artsakh sont comme les monastères. Ils ne craignent pas la solitude. Leur seul et unique but c’est d’émettre le signal de l’arménité tels des phares de la mémoire dans l’océan de l’oubli et de l’indifférence. Seulement désormais, ils ne seront plus jamais seuls dans ce combat de la mémoire contre l’oubli. Car ces montagnes et ce peuple, ce sont aussi les nôtres. Aussi la barbarie ne passera pas.









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