Transcription de la lettre 19 de R. Fraïssé à N. Lygeros (08/11/1990)

N. Lygeros




8/11/90

Nik,

Comment te remercier de ton efficacité en faveur de
"ma" ramification : la publication – toujours aussi
soignée – de la troisième partie de mon "triptyque"
(tu vas encore m'accuser de christianisme honteux;
mais je lis dans le Larousse "oeuvre littéraire, musicale,
plastique composée de trois parties" : ce n'est pas
forcément situé dans une église).
En plus, tu prends ma défense contre Stapp
en page 3 du n° 7 ( tu vois, je ne lis pas que mon
propre article dans "Singularité".
En plus, tu te défonces pour diffuser les exemplaires
tirés à art, avec en plus cette lettre de présentation.
En plus, tu te pèles de rédiger et d'envoyer la lettre
à Mme Camille De Witt, m'évitant ce pensum.
Car, je te le signale, je suis indolent par nature;
ce n'est pas un effet de la vieillesse, le mot "indolent"
figurait sur un bulletin trimestriel, écrit par un de
mes professeurs de lycée de Toulouse, quand j'avais
quatorze ans environ (ma modestie bien connue
m'autorise à signaler qu'un autre professeur,
évidemment en math me déclarait "doué" en 1934,
on n'avait pas inventé le vocable "surdoué")
Mais en plus, je crois qu'il vaut mieux supporter
la mouche du coche, ou le gnome importun (j'ai
encore d'autres sobriquets à ta disposition, que je te communiquerai
de vive voix ou par téléphone), lorsqu'on est en
position de demandeur. Pour que la situation
me rende plus offensif, il faudrait d'abord
arriver à avoir deux lecteurs-auditeurs ou plus;
tant que je n'ai que toi, je dois souvent m'avancer
masqué, et poli, et te recommander à toi-même
une prudence analogue.
Je me félicite évidemment que tu surnages à
la suite de la récente "purge" au sein de SINGULARITÉ.
N'êtes-vous pas en pleine répétition d'une révolution
se dévorant elle-même par purges successives;
là encore je te recommande la prudence, malgré
ton admiration pour SAINT-JUST.
D'accord avec toi pour rapprocher le français de
l'anglais. J'ai toujours préféré dire LATTIS plutôt
que le terme chauvin de TREILLLIS. Il m'arrive
de supprimer la double-lettre et d'écrire ramificationiste;
je pense qu'on peut tolérer ce gendre de réformette:
et je ne verrais aucun inconvénient à parler des ORDINALS.

P.S. Il me reste un exemplaire "don de l'éditeur", encore empaqueté, de ma
"Theory of Relations". Fais-moi penser à le prendre avec moi pour te l'offrir le mardi 27 novembre


 

Pour répondre à Anne-Marie; Réflexion faite,
je reviens à la charge pour l'Allegretto
de la 7ème Symphonie de LUDWIG. Il ne faut
pas se contenter de tapoter avec le doigt, il
faut de plus compter 123 1 2 123 1 2 etc,
et noter qu'au début, l'Allegretto part d'un temps
long n° 2 ; soit : (après une note longue que
je ne compte pas) { 2 123 1 2 123 1 2

1 2 3 –

Je m'aperçois alors que je me suis bel bien trompé
alors qu'en fait c'est
Très intéressant ce cercle approché de Georges de RHAM
avec du méplat (courbure nulle) presque partout
Pour ce qui est de MICHELSTAEDTER , je suis conscient
du sacrilège que représente pour toi sa mise
au niveau d'un PAULHAN ou d'un CAILLOIS. Pour
ma défense -> Si Paulhan m'est indifférent,
par contre, j'ai eu une longue conversation téléphonique
(il y a plus de vingt ans) avec Roger Caillois
qui dirigeait la revue DIOGENE où il désirait
que j'écrive une version de ma conférence du
25 février 1967 la Société française de philo
sur "La logique mathématique, les paradoxes et l'axiomati-
sation des théories", à l'imitation du philosophe
Jean WAHL (décédé depuis comme Caillois) alors
président de ladite Société. Finalement le sujet
ne me passionnait plus assez pour que je secoue
mon indolence, et ma conversation avec Caillois
m'a fait penser qu'il faudrait éviter tout
développement technique et rendre plus littéraire
un exposé déjà élémentaire. Il m'en est resté
seulement de l'estime pour Caillois, dont j'avais
lu par ailleurs quelques bribes prouvant qu'il
était intelligent avec un style précis : il ne semblait
écrire que pour exposer de vraies idées, non pour
noircir du papier. Mais je ne sais rien de la

Par ton article en grec, tu réponds, à ma question concernant ton prénom NIKOS
comme l'auteur du Christ recrucifié). J'ai cherché le mot NOIR qui devrait être ΜΕΛΑΝΟS
dans mon "grec de cuisine"; pas trouvé trace; je comprends EPISTEMONIQUE et ANALYSE (dans le titre)
as-tu une copie de l'article "PROPOSITION" dans Le HANNETON







free counters


Opus