Qui se sent coupable se justifie

N. Lygeros




- Pourquoi avoir monté Les Justes d’Albert Camus ?
- Car le contraire aurait été injuste…
- Est-ce une manière efficace de montrer la notion d’absurde ?
- Certainement pas !
- Alors quel est votre objectif ?
- La mise en évidence des limites humaines.
- Dans quel cadre ?
- Dans celui des régimes autoritaires.
- Vous voulez parler des régimes nazi et fasciste ?
- Pas seulement.
- Les régimes communistes aussi ?
- Oui, puisque cela est nécessaire.
- N’est-ce pas un peu trop extrême ?
- D’accuser ces régimes extrémistes, de crimes contre l’humanité ?
- Les fameux génocides ...
- Les génocides ne sont pas fameux. Ils sont seulement inhumains.
- Sont-ce là les seules contributions de ces régimes autoritaires ?
- Le terme contribution me semble totalement inadéquat.
- Lequel préférez-vous alors ?
- L’acte criminel.
- Cependant Les Justes d’Albert Camus n’étaient-ils pas des terroristes ?
- Ce serait se méprendre sur les intentions de ce dernier.
- Comment faut-il les considérer alors ?
- Albert Camus a déjà répondu par le choix du titre de son œuvre.
- Ainsi selon vous, Les Justes doivent encore être montées au théâtre.
- Oui, et ce, malgré les malentendus.
- Ces malentendus ne vous gênent pas ?
- Ils ne sont que d’ordre social.
- Aussi ils ne vous dérangent pas ?
- Tant qu’ils ne sont pas d’ordre humain, absolument pas.
- Pensez-vous que votre mise en scène sera comprise ?
- C’est notre unique préoccupation.
- Avez-vous fait quelque chose de spécial dans ce sens ?
- Nous avons incrusté des textes spécifiques dans le texte camusien.
- Sans créer de rupture ?
- Nous avons travaillé dans sa continuité.
- Pouvez-vous préciser cela ?
- La recontextualisation nous a permis de redonner sens à la mémoire et à l’hommage que voulait rendre Albert Camus.
- Le public sera juge.
- Nous sommes déjà condamnés à vivre.







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