La place et le désert

N. Lygeros




Ce n’était pas une simple manifestation
car nous n’avions plus rien à perdre
si ce n’était la dernière dignité
des hommes qui ne connaissaient que le désert,
et sur cette place vide comme le néant
nous n’osions regarder le ciel
de crainte de subir la colère
du bleu et de l’ocre que nous aimons tant.
Aussi lorsque le rouge éclaboussa
certains d’entre nous malgré le soleil
nous fûmes incapables de réaliser
l’absurde de cette nouvelle peste
comme si nous ne savions pas encore
que nous étions condamnés à vivre
uniquement pour voir notre exil
à travers les pays sans lumière.







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