Le premier feu (21)

N. Lygeros

Traduit du Grec par l'auteur




Quand se termina la danse, la cloche du village pleura. Cela faisait des années qu'ils écoutaient et regardaient cette danse. Tous se souvenaient de l'ancien temps. Ils regardaient le jeune et voyaient le vieux. Sa conscience portait d'ores et déjà le poids du voleur et sur sa poitrine les trente baisers brûlaient. Ils ne devaient pas attendre autre chose. Le voleur viendrait, désormais c'était certain. Il fallait se préparer au combat du soleil et de la lune. La nuit se terminait mais il ne faisait pas encore jour. Tous ensemble ils devaient soulever le soleil sans attendre la fin de l'éclipse. Pour vivre en liberté il fallait entrer dans le feu. Dans la nuit de l'occupation seul le feu pouvait apporter la lumière. Les yeux du petit-fils lançaient déjà des flammes. Tous voyaient cela et allumaient leurs âmes. Les vieux prirent leur décision et l'emmenèrent avec eux dans un endroit qu'eux seuls connaissaient. Là, ils lui donnèrent leurs armes et la poudre qu'ils avaient amassées secrètement grâce aux habitants du village. Ceux-ci étaient prêts, la deuxième révolution n'attendait plus l'aide des étrangers. Toutes leurs forces se trouvaient là sur cette terre sèche qui ne connaissait pas l'eau mais seulement la lumière. S'il le fallait ils vivraient libres sinon, comme esclaves, ils mourraient. Quand la nuit tomba ils donnèrent un destrier rapide comme le vent au petit-fils du voleur pour qu'il alerte les autres villages. Et celui-ci partit allumer la flamme de la patrie dans chaque village résistant. Il avait avec lui les trente feuilles, sur elles il écrirait l'histoire de sa patrie.







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