Une exégèse stratégique du plan

N. Lygeros




La quatrième et la dernière version du plan Annan confirme la tendance des précédentes versions. Il ne s’agit en aucun cas d’un plan conçu pour la résolution du problème Chypriote. Ce plan ne prévoit pas les acquis communautaires qui sont la base des principes de l’Union Européenne. Ce plan ne prévoit pas le retrait des troupes militaires turques qui occupent la partie nord de l’île depuis la violente invasion de 1974 dénommée Attila. Ce plan ne prévoit pas le départ des colons alors que leur présence est considérée par les Nations Unies comme un crime de guerre, un crime contre l’humanité. Ce plan ne prévoit pas le retour des réfugiés chypriotes sur leurs terres et le remboursement pour la non-jouissance de leurs propriétés. Ce plan ne prévoit pas le recours en justice à la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour la disparition des 1619 chypriotes durant l’invasion. Ce plan ne prévoit pas la libération des enclavés chypriotes qui se trouvent en territoire occupé.

En réalité, ce plan qui est essentiellement un produit anglo-américain tente une dernière fois juste avant l’entrée de Chypre dans l’Union Européenne d’obtenir les acquis de ces deux nations qui ont des bases et des systèmes de surveillance sur l’île sous prétexte de protéger ses intérêts. La diplomatie anglaise exerce des pressions politiques afin de préserver son influence sur cette île qui malgré son indépendance en 1955 n’a jamais vraiment pu se débarrasser de la présence anglaise. Celle-ci suit la manière de faire dans des ex-colonies anglaises. Le plan n’est que la continuation des activités anglo-américaines sur l’île qui constitue un lieu stratégique pour le contrôle du moyen-orient. Dans cette géostratégie, ils ne tiennent pas compte de la population civile. Le matériel humain, comme nous le disons en stratégie, importe peu. L’unique but du plan c’est la conservation d’une plate-forme militaire.

Pour parvenir à ses fins, le plan via l’appui médiatique tente de lier sa signature à l’entrée de Chypre dans l’Union Européenne alors que ces évènements sont non seulement indépendants mais pour ainsi dire contraires dans leur approche. Tandis que l’entrée de Chypre dans l’Union Européenne représente une libération et une stabilisation du pays tout en offrant un point d’accès économiquement dynamique à l’UE. La signature du plan est profondément anti-européenne puisqu’elle préserve des statuts colonialistes de type protectorat ainsi qu’une situation militaire qui va à l’encontre de l’entité européenne.







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