Touche pas à mon Europe !

N. Lygeros




S'il y a une leçon véritable à tirer des référendums ce n'est ni le refus de l'évolution européenne ni le changement d'une vision, mais plutôt que la protestation pour la protestation ne mène nulle part. Nous avons entendu l'expression de mouvements sociaux, de mouvements raciaux pour ne pas dire racistes qui avait pour but de rejeter. Mais de rejeter quoi ? L'Union Européenne ? La vision européenne ? Non, ni l'une ni l'autre car tout simplement il s'agit d'une part de notre propre entité et d'autre part de notre pensée. Aussi dans le but intime de dire non à des gouvernements nationaux nous avons sacrifié la charte des droits fondamentaux. Et quel est l'aboutissement de ces manœuvres ? A-t-on véritablement remis en cause quoi que ce soit au niveau national ? Le président remercie son ancien premier ministre pour ses bons et loyaux services. Il le remplace par un bras droit qui lui est encore plus fidèle et depuis plus longtemps. Il ne démissionne nullement comme certains le prédisaient ou plutôt tentaient de convaincre leurs émules. Il ne dissout pas non plus l'assemblée nationale Quant au nouveau premier ministre, il resserre son gouvernement, il renforce sa structure partisane et il n'utilise que des personnes positives envers la Constitution Européenne. Son gouvernement est pour ainsi dire monolithique, d'un seul tenant puisqu'il n'y a qu'une seule exception en termes de partis politiques. Ainsi il ne modifie aucunement la trajectoire globale du parti en place. Le mouvement protestataire s'affirme déçu et nous constatons sans grande stupéfaction puisque tout cela était parfaitement prévisible à partir de l'analyse diachronique de l'évolution politique du président de la république. Enfin alors que nous avons entendu des mots comme la Bastille ou Mai 68, nous nous retrouvons avec un résultat pathétique. L'opposition se retrouve affaiblie et doit à nouveau chercher ses marques et le président se doit d'expliquer à nos partenaires européens qu'il ne s'agit pas d'un rejet de l'Europe mais de problèmes internes i.e. sans conséquence pour l'ensemble de la construction de l'Union Européenne. Pourtant il ne s'agit d'une greffe qui aurait pu conduire à un rejet puisque notre pays fait partie intégrante de la structure que nous nommons Union Européenne. Alors en fin de compte quel était le but de tout cela si ce n'est qu'un remaniement interne de relations politiciennes qui n'ont rien à voir avec la politique. Quid de la contestation ? Quid de la protestation ? Nous avons plutôt l'impression d'avoir assisté à la pièce de Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien. Même si la masse est équivalente à l'énergie comme l'a démontré Einstein, il n'en demeure pas moins que dans un contexte inadéquat, elle conserve l'ensemble de ses propriétés et peut même parfois être inerte. Aussi il est à souhaiter que les peuples des Etats membres de l'Union Européenne assimilent cette leçon paradigmatique. Il ne s'agit même pas de politique réelle mais de politique pragmatique, pour ne pas dire prosaïque. Une contestation n'est pas une révolte, comme une révolte n'est pas une révolution. Si nous désirons réellement de véritables changements qui seront considérés comme révolutionnaires dans le sens de Kun, ils doivent être effectués au sein de l'Union Européenne. C'est en ce sens que nos devons lutter afin que des prétextes nationaux ne soient pas utilisés de manière fallacieuse. Ainsi chaque citoyen, chaque européen doit revendiquer le slogan : Touche pas à mon Europe !







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