De la reconnaissance de l'être

N. Lygeros





La sociologie tente de justifier une partie de son existence via la reconnaissance de l’être. Elle s’invite seule, à participer dans le processus évolutif qui caractérise l’ontologie en proposant des schémas qui non seulement n’apportent rien à l’homme mais nuisent à l’individu qu’ils caractérisent. La sociologie propose une évolution uniforme qui fait passer l’individu à une succession d’ensembles inclus les uns dans les autres. Ainsi elle définit son champ d’action mais elle ne répond pas vraiment à la question initiale à savoir la définition de la nature humaine.

En réalité, le processus évolutif de l’homme est loin d’être linéaire et il ne passe pas nécessairement par le pluriel pour définir le groupe. Dans cette évolution non linéaire, en dehors bien sûr des éléments cognitifs de base comme la notion de feedback que nous avons analysée dans une précédente note, le véritable problème provient de celui de la reconnaissance de l’autre et non seulement de soi. Car du point de vue humain, nous vivons dans le regard de l’autre. Seulement cet autre est rare, pour ne pas dire inexistant dans la société. Ainsi cette quête de l’autre engendre une réaction de processus cognitifs d’identification. Pour l’homme, le premier point n’est pas celui de la ressemblance mais de la différence. Il ne se définit pas comme appartenant à un ensemble local mais au contraire par la non appartenance à celui-ci. Dans cette action mentale, l’homme transcende la notion de société. Et c’est justement cela qui lui permet de définir par la suite son appartenance à l’humanité qui se transforme par la suite comme une localisation de cette notion holistique. L’homme ne parvient à se définir vraiment qu’au moment de la reconnaissance de son équivalent. Il traverse auparavant la couverture sociale et du coup une phase de solitude. Puis cette solitude devient une caractéristique fondamentale de l’ensemble des hommes qui n’appartiennent pas à des groupes sociaux. Elle permet donc de créer les éléments minimaux de la structure humaine de l’humanité. Via cette procédure, l’homme parvient à se redéfinir en somme en exploitant la reconnaissance des autres hommes. Ainsi sa nature initiale s’enrichit via cela. L’ego se transforme à travers l’alter ego sans passer par l’ensemble social que prévoit la sociologie. Il vit donc hors équilibre et c’est pour cette raison qu’il existe diversité et créativité.

L’être se définit donc à travers la reconnaissance de l’être. Ainsi l’autre aide l’un par son existence. Ainsi il existe une interaction, une relation qui modifie l’ontologie des entités. Mais cette interaction n’est pas d’ordre social. Au contraire, elle appartient directement à la structure fondamentale de l’humanité qui n’est plus seulement sous-jacente mais mise en évidence par ces singularités et leurs relations. De plus via la notion d’œuvre, ces singularités peuvent établir des relations diachroniques qui caractérisent alors la structure mentale de l’humanité. Il est donc possible de définir l’entité humaine à travers ce processus interactif sans devoir passer par l’élément social qui tente de justifier l’existence de la sociologie. La société représente en réalité un obstacle qui doit être dépassé afin d’atteindre après cette difficulté locale la réalité globale de l’humanité. Voilà l’objectif des singularités pour réaliser leur œuvre dont l’existence doit produire un impact sur cette structure.







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