Congrès et Génocide

N. Lygeros




Contrairement à d'autres résolutions ou décisions étatiques, le vote au congrès n'est pas seulement important en soi sur le plan des droits de l'homme mais aussi au niveau polémologique. Car le contexte est radicalement différent en raison des groupes de pression qui sont en place. Pour les opposants à la reconnaissance du génocide arménien, le congrès représente un domino qui ne doit pas tomber sinon la théorie associée pourrait être activée. De leur point de vue, le congrès est au centre d'un réseau d'influences aussi il joue le rôle de clef de voûte. Aussi pour les défenseurs des droits de l'homme, la question revêt un aspect stratégique. Elle ne doit pas être traitée de manière classique. L'abord du problème doit être multiple. D'une part, au niveau phénoménologique le cas doit être considéré comme strictement classique afin de ne pas le politiser. Ainsi, sa présentation doit se faire de manière analogue à l'approche d'Amnesty International. Le cas est traité a posteriori et ce, de manière strictement juridique. D'autre part, les lobbies doivent être actifs le plus possible afin de mettre en évidence non seulement le travail de sape des opposants à la reconnaissance du génocide mais aussi le coût du point de vue politique de se laisser influencer par les opposants. Car les hommes politiques qui sont influençables, ne le sont pas par la cause la plus juste mais par celle qui semble la plus puissante. Il faut donc considérer le congrès comme un cas à part. Il n'entre pas dans la ligne logique des reconnaissances politiques. Il est préférable de le traiter du point de vue de la cause arménienne comme l'affaire du Time Magazine. Il ne s'agit pas d'exploiter directement le droit mais de faire saisir l'idée du coût. En somme nous nous retrouvons dans un cadre qui est celui de la dissuasion en stratégie tel que nous l'avons analysé dans un précédent article intitulé : la dissuasion : une stratégie virtuelle d'une efficacité réelle . Car toute réponse frontale n'est pas judicieuse dans un contexte ambigu. Il est préférable de le considérer comme tel et de déployer un système de défense et de contre-attaque qui se base sur des schémas mentaux stratégiques qui n'appartiennent pas nécessairement et strictement au domaine des droits de l'homme. Par ailleurs, il serait judicieux et opportun de mettre en évidence le fait que l'absence de condamnation de la barbarie laisse libre champ à d'autres barbares qui se croient au-dessus des lois du droit international. La destruction systématique d'un cimetière et ce par un organe officiel tel que l'armée, s'explique comme une extension naturelle de l'absence de reconnaissance du génocide de 1915. Car ces nouveaux actes de barbarie ne sont rien de moins qu'un génocide de la mémoire qui se perpétue en raison de l'existence non condamnée du génocide des Arméniens. Les hommes politiques vivent dans le présent car ils sont bien souvent sans avenir. Aussi c'est avec les évènements du présent que nous devons les convaincre. Demeurer dans un contexte qui n'appartient qu'au passé, est une grave erreur car le problème est considéré comme technique car sans répercussions dans le présent. Or il est nécessaire de mettre en évidence les répercussions et non l'évènement si nous voulons que le génocide des Arméniens soit reconnu.







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