Le signe du caméléon

N. Lygeros




Les textes étaient des messages et les messages des codes.
Tout était simple et pourtant personne ne le savait.
La complexité était un obstacle pour l’ignorance.
La diversité était l’essence.
Il y avait 135 livres grecs et 1033 étrangers.
Devant les deux albums de photographies, se tenait une trentaine de volumes de Lamartine serrés les uns contre les autres comme pour soutenir le temps.
A leur côté se trouvait un tableau qui dominait le grand axe de la pièce.
Et dans l’angle des deux panneaux de la bibliothèque, cachée, à l’abri des regards, une petite statue de Rodin examinait avec attention l’étrange visiteur.
Elle était derrière le bureau couvert de livres anciens.
Au dessus une série de Jules Verne faisait une diagonale avec une autre série des œuvres de Plutarque.
Juste en dessous les livres de mathématiques étaient centrés sur l’œuvre de Carathéodory mais aussi les œuvres complètes de Euler.
A leur droite, il y avait des livres d’études léonardiennes.
Au pied de la bibliothèque comme au pied de l’autre tableau, prônait la description de l’Egypte commandée par Napoléon.
Des vues de la Grèce avec des planches de 1819 complétaient cette impression d’antan.
Mais il y avait aussi plus à gauche 6 tomes des œuvres de Molière, un livre sur l’art de peindre.
Quant au centre de l’extrémité, il était gouverné par l’omniprésence de Voltaire avec ses 70 tomes d’œuvres complètes et les deux tomes d’appareil critique qui avaient à leurs pieds les encyclopédies.
Et c’est dans l’angle de la pièce où se trouvait l’immense tableau de la mère de Constantin, que le visiteur remarqua la petite table de Marie-Antoinette.
La fille était née en 1912 et se souvenait avec peine de son père mais elle aimait que l’étranger s’occupasse des livres de celui-ci qui avait aussi conservé ceux de son père.
La vision était devenue réalité grâce à la puissance de la pensée.
Tel était le signe du caméléon.







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