L’homme qui riait versus la société de l’intégration (dialogue)

N. Lygeros




- L’homme qui riait n’avait pas été défiguré par la vie.
- C’est vrai que c’est la société qui le voulait ainsi.
- Il n’avait a priori aucun problème.
- Et faute d’en avoir trouvé, la société lui en attribua un.
- Est-ce le prix à payer pour vivre libre ?
- Non, c’est la condamnation à subir pour avoir le droit d’être intégré.
- Quel est le sens de cette intégration ?
- Il ne concerne pas l’homme.
- Alors de quel droit la société l’a-elle condamné ?
- Du droit du plus fort.
- Ou celui de l’ignorant ?
- La société n’ignore pas ces hommes, elle les craint.
- Car elle ne peut pas les admirer.
- Les admirer reviendrait à rejeter son existence en tant que pouvoir.
- Et sans ce pouvoir que deviendrait-elle ?
- Plus humaine.
- C’est l’absurde de ce raisonnement.
- C’est la cause de la condamnation de l’homme qui riait.
- La vie est donc si lourde à porter ?
- Insupportable.
- C’est donc pour cela que les hommes se contentaient de sourire.
- Le sourire n’est qu’une esquisse.
- Tandis que le rire représente l’œuvre.
- La société supporte donc les esquisses.
- Car ce sont des œuvres inachevées.
- Tandis que les œuvres...
- Elle préfère les achever !







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