Une approche bioéthique de la problématique des cybrides

N. Lygeros




Du point de vue strictement scientifique et technique, le contexte de la problématique des cybrides est simple. Ce qui ne signifie pas qu’il soit simpliste.

Il s’agit de produire un grand nombre de cellules souches humaines caractéristiques de maladies graves.

Ce grand nombre est nécessaire pour effectuer des tests avec différents médicaments potentiels afin de choisir le plus efficace.

Ceci s’explique par la difficulté de mettre en place un modèle cellulaire d’affections fréquentes.

Pour obtenir des souches de telle nature, il est possible d’effectuer un diagnostic préimplantatoire après une fécondation in vitro et d’identifier les embryons atteints d’une mutation.

Ceci est, entre autres, possible pour la maladie de Huntington, la mucoviscidose et la myopathie de Steinert.

Seulement cette stratégie est inadéquate dans le cas de maladies polygéniques.

Certaines de ces maladies sont très fréquentes.

Une stratégie possible pour faire face à ces maladies, c’est la technique du transfert nucléaire.

Néanmoins jusqu’à ce jour aucune équipe de recherche n’a réussi le transfert nucléaire chez l’homme.

Les cybrides qui sont des embryons hybrides créés à partir d’une cellule humaine et d’un ovocyte de vache, viennent répondre à ces difficultés. En effet, l’exploitation du concept d’hybride homme-bovin permet de surmonter de manière radicale, le problème du nombre. C’est l’aspect industriel de la chose qui évite aussi l’utilisation des ovocytes humains. Et les tests à grande échelle permettent d’augmenter les rendements de la recherche.

Le problème du point de vue bioéthique est évidemment celui du mélange animal-humain. Cette idée qui est une controverse à elle seule, engendre une problématique en raison de l’absence d’un cadre général. Bien sûr il existe la limite des 7 jours ou 14 jours selon les états qui interdit toute expérimentation au-delà de cette limite qui provient en réalité de la définition même d’embryon humain.

L’absence d’une interdiction générale de tout mélange animal-humain induit un cadre de réflexion sur les restrictions locales à imposer. Cette solution engendre une problématique bioéthique, car nous ne savons pas toutes les conséquences qu’elle peut générer. Les limites restrictives pourraient être dépassées pour obtenir d’autres résultats. Mais en réalité, c’est le cadre tout entier qui doit être réglé. L’établissement des protocoles doit s’appuyer sur une législation qui est encore absente dans les faits aussi les directives à donner doivent être explicites afin de faire le lien avec la situation future. Nous sommes donc véritablement dans un paradigme bioéthique que nous devons étudier avant de le considérer comme une alternative stratégique.







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