L’apport du Japon dans notre compréhension de la Chine

N. Lygeros




En n’examinant que l’opposition entre la Chine et le Japon, nous ne réalisons pas l’apport du Japon dans la compréhension de celle-ci. Nous craignons sans cesse le réveil du géant sans saisir l’éveil du nain. Pourquoi ne pas nous attarder sur la puissance du Japon ou même de Taïwan face à la Chine au lieu de nous demander avec angoisse ce que nous devrions faire ? Comment de si petits pays ont-ils pu survivre en étant si près de la sinosphère ? Comment ont-ils pu se développer et réussir à supplanter cette masse économique que représente la richesse de la Chine ? Pour comprendre ce paradoxe économique, nous avons besoin du paradoxe du bonzaï technologique que nous analyserons par la suite du point de vue polémologique. Sans la compréhension d’un tel avantage comparatif, la relation sino nippone demeure insaisissable ou elle existe et représente un dipôle asymétrique actif et dynamique qui ne va pas dans le sens où nous le pensons par rapport à l’Union Européenne. La raison pour laquelle le bonzaï technologique existe au Japon, c’est qu’il était pour ainsi dire nécessaire à sa survie en raison de la proximité de la Chine. En d’autres termes, le Japon a du créer une stratégie en tenant compte de la géographie. Bien sûr, il a tenté avec la guerre en Mandchourie d’appliquer une géostratégie offensive avec les résultats que nous connaissons. Le changement de phase initial s’effectue avec la fin de la seconde guerre mondiale. Le Japon a été obligé de s’adapter à une nouvelle réalité qu’il ne pouvait plus affronter du point de vue militaire. Il a donc reconfiguré sa stratégie avec pour objectif de devenir une puissance non plus militaire mais économique. Ce changement s’est effectué via la plasticité de l’entreprise japonaise. Au début sans se préoccuper des deux géants de l’océan pacifique que sont la Chine et les Etats-Unis, puisque la situation était catastrophique au niveau locale, le Japon s’est ensuite appliqué à apprendre dans le domaine de la technologie, en particulier de pointe. Il n’a pas tenté d’investir les marchés à ce niveau car incapable d’affronter de manière frontale les géants. Aussi il a approfondi ses connaissances et recherché de nouvelles stratégies pour développer d’abord sa force et ensuite pour renforcer ses développements. En creusant son avantage, il est parvenu tout d’abord à un avantage comparatif puis un avantage incomparable et enfin au bonzaï technologique. Ce n’est qu’à partir de cet instant qu’il a riposté de manière stratégique à la pression des géants. Sans exploiter des tactiques propres au jeu d’échec, il s’est développé dans le champ stratégique à la manière du jeu de go. En apparence loin du front, le Japon plaçait ses pierres et se redéfinissait un nouveau territoire. L’Union Européenne n’a pas ressenti la nécessité d’un changement d’approche vis-à-vis de la Chine car elle avait déjà des structures en place. En tentant de les conserver sans se préoccuper de leur efficience, l’Union Européenne s’est ralentie. Elle met en place désormais une nouvelle configuration. Seulement elle ne se base pas nécessairement sur la qualité et long terme alors que le Japon a montré l’efficacité de cette voie dans des circonstances bien plus extrêmes. L’apport existe mais c’est à nous de l’exploiter via un baobab polémologique.







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