La cause des justes

N. Lygeros




La justice est faite pour protéger les hommes aussi elle doit se défendre d’être manipulée à des fins politiques. L’utilisation du vice de forme n’est pas nouvelle dans les tentatives de remettre en cause l’érection du Mémorial Lyonnais pour le Génocide des Arméniens. Elle représente une forme de racisme larvé qui n’a pas le courage de la barbarie turque et qui tente de se cacher derrière des procédures judiciaires. Ces dernières ne sont qu’un prétexte. Elles ne constituent pas une méthodologie à suivre dans le domaine du droit. Elles sont néanmoins une possibilité qu’offre le droit. Aussi la lâcheté des ennemis du peuple arménien aurait tort de s’en priver pour parvenir à ses fins. Seulement c’est à nous de rester vigilants car la cause des justes est en danger. Le caractère partisan de la plainte ne fait pas l’ombre d’un doute. Et le clivage gauche-droite, même s’il est totalement hors de propos dans le cadre de la reconnaissance du génocide des Arméniens, n’en est pas moins réel. Nous nous devons donc d’en tenir compte afin de pouvoir le dépasser. Car il ne s’agit pas de le cautionner, ni de fermer les yeux. La réalité, c’est que nous approchons à nouveau de la date de commémoration du génocide des Arméniens. Aussi les ennemis du peuple arménien sont exaspérés par l’existence du Mémorial qui à lui seul, démontre l’importance de la cause des justes. Sont-ils prêts à le mettre à mal? Cela est certain. Même si les moyens d’actions demeurent démocratiques puisqu’ils passent par la justice de l’État français, la fin ne les justifie pas. Ils appartiennent à une nouvelle forme de lutte conte la reconnaissance du génocide des Arméniens. Cette nouvelle forme est indirecte et s’appuie sur des dispositifs légaux pour remettre en cause la forme en premier et ensuite le fond. Ce moyen d’action et ses conséquences ne représentent pas seulement une attaque à l’encontre de la mémoire du peuple arménien mais aussi du droit du peuple français. Car la recherche d’un vice de forme dans le cadre de travaux de telle nature, va à l’encontre de l’esprit des lois. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Montesquieu ou d’être un fervent partisan de Voltaire pour nous rendre compte de l’insulte faite au droit français. En effet le droit va dans le sens de la grandeur humaine et il ne peut se contenter d’être neutre lorsque l’éthique est injuste dans le fond. Le fait qu’elle utilise le prétexte de la forme, montre combien la procédure est vicieuse. Elle tente de démontrer que le commanditaire de l’action n’a que faire de la nature des travaux sur la place Antonin Poncet et elle utilise même le problème de la coexistence historique. L’hypocrisie de la manœuvre consiste à mettre en avant un contexte historique pour appliquer à la lettre le droit. En réalité, il s’agit d’un moyen détourné pour insulter l’histoire elle-même. L’histoire locale d’une place est exploitée pour remettre en cause la grande histoire d’un crime contre l’humanité. Voilà pourquoi c’est une forme de génocide de la mémoire. Pourtant malgré tout, nous serons présents dans ce nouvel affrontement. Car il ne suffit pas d’être une cause des justes pour être une juste cause auprès de la justice. Aussi nous devons répondre légalement et surtout stratégiquement à ces nouvelles accusations afin de démontrer que nous pouvons lutter aussi contre cette forme indirecte de négation. Nous ne faiblirons pas dans ce procès car nous n’en avons pas le droit. Tel est notre devoir en mémoire des victimes du génocide des Arméniens. Car c’est l’unique moyen pour nous de conserver notre dignité humaine.







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