Sur l'Artsakh et le référendum

N. Lygeros




Il ne faut pas se leurrer, la proposition d’un nouveau référendum sur l’Artsakh n’est pas simplement une fumisterie mais une véritable manipulation diplomatique. La population de l’Artsakh a déjà décidé de son sort national par voie référendaire, aussi cette proposition n’est pas fondée. L’Artsakh, après avoir choisi, s’est doté d’une Constitution et d’un président élu au suffrage universel. Depuis son indépendance de facto, l’Artsakh n’a pas seulement démontré sa combativité, mais aussi son efficacité dans la gestion de sa suprématie territoriale. Le gouvernement est stable et les institutions sont déjà en place. L’Artsakh se développe naturellement non seulement comme une république autonome mais comme une république indépendante, et ce dans un cadre démocratique. Aucun point ne justifie l’adoption d’un nouveau référendum. Celui-ci tente d’être imposé par la force et non en raison d’une quelconque nécessité. Si les Arméniens de l’Artsakh vivent en paix, c’est parce que l’Artsakh existe malgré tout et malgré tous. Aussi les tentatives des Azéris au sujet d’un nouveau référendum ne trompent personne. Ils tentent tout simplement de reconquérir ce qu’ils ont perdu par leur prétention. Ils ne se sentent pas à la hauteur pour affronter à nouveau et de face les combattants arméniens, et ils essaient de parvenir à leurs fins par des moyens subversifs. Seulement les combattants de l’Artsakh ne sont pas morts et leurs esprits veillent toujours sur la terre des ancêtres. Il ne s’agit donc pas de tromper une population à moitié endormie. Personne en Artsakh n’a confiance dans les solutions diplomatiques, car tout le monde sait que dans la diplomatie, la voix du plus fort compte double. Pour l’arménité, il n’est pas permis de perdre sa terre dans un jeu diplomatique alors qu’elle a été libérée grâce aux sacrifices des résistants arméniens. Les négociations ne sont pas aussi aisées que l’avait escompté le groupe de Minsk, car en fin de compte, face à des combattants qui n’ont plus rien à perdre, il est difficile d’être ouvertement injuste. Par contre la proposition de référendum donne une échappatoire puisque si son acceptation est suivie d’une arrivée massive d’Azéris alors nous aurons à faire à une stratégie gagnante car aucune opposition ne sera possible. La domination en termes de population donnera accès à une domination stratégique. L’absence de cette vision à moyen terme serait fatale pour la cause arménienne dans l’Artsakh. Il nous faut aller au delà du principe napoléonien, à savoir que la meilleure défense, c’est l’attaque. Il nous faut réaliser que l’attaque a déjà eu lieu et que nous devons suivre l’autre principe, à savoir : la meilleure attaque, c’est la contre attaque. Nous avons tous les éléments pour le faire. La proposition de référendum n’est qu’une tentative simpliste pour sortir de l’impasse azérie. Cependant le sentier arménien est autre. Aussi mettons en évidence le problème de la population et faisons en sorte d’éliminer la possibilité d’un déplacement de population. Enfin affirmons haut et fort que l’Azerbaïdjan lui-même accepte officiellement qu’il est incapable de défendre les droits de la population en Artsakh. Il ne faut rien de plus pour prouver le caractère fallacieux de la proposition de référendum.

 







 







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