Evènements rares à fort impact

N. Lygeros




« All my models' ambition is to provide more effective ways to handle relatively rare events that have very strong effects. Man tends to react by either overestimation or neglect, and the dimension will necessarily involve several issues of wider relevance to the understanding and use of statistics. » Benoît Mandelbrot

Le consensus actuel dans le domaine de l’analyse des évènements consiste en une application massive de la mentalité prônée par le modèle de Gauss. La masse des évènements à considérer se trouve toujours autour de la moyenne et est sensée représenter sinon la totalité de l’échantillon du moins sa grande majorité. Cette méthodologie serait valable sans l’existence d’évènements rares à fort impact. En effet ces derniers bien que rares par nature, sont discernables par fonction. Car d’une certaine façon leur action dévoile leur existence. Les catastrophes et les révolutions sont des exemples classiques de cette catégorie à laquelle appartiennent aussi les génies universaux dans le domaine cognitif. Dans ce dernier cadre, nous pouvons exprimer une problématique générale à savoir le problème du savoir dans une partie donnée de la population. Ainsi lorsque nous disons qu’à cette période les hommes connaissaient une idée que sous-entendons-nous ? Est-ce l’ensemble de la population considérée qui détient cette connaissance ? Est-ce la majorité ou seulement quelques rares individus ? Et ce ne sont que quelques individus voire un seul, avons-nous le droit de l’étendre par cette expression ? Ces questions ne sont pas sans réponse seulement chaque réponse représente une mentalité différente. Cependant notre propos est autre. Ici, il s’agit plutôt de faire prendre conscience de l’absurdité de la méthodologie consensuelle dans le domaine cognitif puisque cela reviendrait à éliminer tous les génies universaux afin d’étudier les connaissances de la masse. En réalité, quelque soit le choix effectué, la méthodologie dégénère car elle est incapable de donner sens à son analyse. L’aspect paradoxal de cette problématique, c’est que l’existence d’évènements rares à fort impact est connue de tous pourtant la majorité se contente de méthodes qui les excluent. Il est vrai que l’on tente parfois de les interpréter comme une succession critique d’évènements mineurs comme pour le principe des avalanches mais cela ne peut expliquer toute singularité superattractive. L’approche doit être autre et elle est dans la lignée des travaux de Benoît Mandelbrot qui est à l’origine de la théorie des fractals avec l’idée clef de l’invariance d’échelle. En effet la persistance malgré les changements d’échelle est un bon critère pour rechercher les évènements rares à fort impact. Car leur structure intrinsèque n’est pas sans rappeler les distributions puisque l’existence est très locale alors que le champ d’action est global même si en raison de l’asymétrie temporelle leur impact est nécessairement asymétrique. Enfin une autre manière de voir ces entités, c’est de les considérer comme des marqueurs temporels puisque leur action via leur présence marque la différence entre le passé et le futur. Ainsi il n’est pas inopportun de se demander si ce ne sont pas justement les évènements rares à fort impact qui déterminent de manière pour ainsi dire quantique l’évolution de l’ensemble qui les contient.







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