1147 - Machinations d’antan

N. Lygeros

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Tableau VIII

 

Eric

Alors que fait-onmaintenant ?

Olivier

La menace est bienplus grande que…

Danielle

« La menace nesert d’arme qu’aux menacés. »

Lucien

Danielle a raison. (Untemps.) Pour le moment nous sentons la menace uniquement en raison de notreprésence.

Nestor

Et notre présence estencore inconnue…

Agnès

Pour le moment…

Roland

Pour ma part, je n’aipas peur !

Danielle

« De même que lecourage met la vie en péril, la crainte la préserve. »

Roland

Nous ne pouvons toutde même pas vivre dans la peur.

Eric

Je préfère vivre dansla peur que mourir dans la peur.

Olivier

Notre avantage setrouve dans la surprise.

Nestor

Cependant c’est leseul.

Lucien

Il faut nousreprendre en main.

Agnès

Oublies-tu ladisparition des livres ?

Lucien

Je n’oublie rien maisnotre mission ce sont les carnets du Maître.

Olivier

Roland il fauttrouver un moyen de les repérer.

Roland, surl’ordinateur.

J’y travaille.

Danielle

Quand je pense que certains ne parlent que de perte !Alors qu’il s’agit d’une véritable machination d’antan.

Eric

A présent contemporaine pour nous !

Agnès

Eric, même dans lespires moments, tu es…

Eric, enl’interrompant.

Oui, je sais.

Agnès

Alors pourquoi ?

Eric

Car même dans le tragique, il peut exister un élémentcomique.

Olivier

Même Dom Juan avait besoin d’un Sganarelle !

Agnès

C’est vrai !

Eric

Alors l’affaire est entendue !

Lucien

Si la machination estde cette envergure, il se peut très bien que nous soyons l’élément comique decette tragédie. Silence.

Eric esquisse un sourire maisne dit rien.

Olivier

En même temps, nous sommes peut-être le grain de sable quienraye la machine.

Agnès

Seulement qui sera notre deus ex machina ?

Olivier

Peut-être justement notre insignifiance !

Lucien

L’effet papillon !

Eric

Aussi si la situation est critique, c’est un point positifpour nous.

Roland, en se redressant.

La situation est effectivement critique.

Lucien

Que se passe-t-il ?

Roland

Je ne parviens à repérer que les carnets que nousconnaissons.

Olivier

Comment ? Mais c’est impossible !

Danielle

C’est effroyable.

Roland, àOlivier.

Regarde par toi-même !

Olivier regarde l’écran. Iltape un code sur le clavier.

Tu vois bien !

Olivier

Oui, tu as raison.

Il regarde Lucien.

Lucien

Le sceau de l’oubli aurait-il déjà frappé ?

Eric

Il n’y a qu’un moyen de le savoir !

Agnès

Pénétrer dans la pièce du Maître ?

Eric

Non, pas tout à fait !

Roland

Mais alors ?

Eric

Pourquoi ne pas utiliser le serviteur ?

Danielle

Battista de Villanis !

Roland

En lui plaçant un capteur ?

Eric

Est-ce impossible ?

Roland

Je crois que je peux le faire. (Un temps.) Je croisque j’ai avec moi…

Il fouille dans sesvêtements.

Agnès

Qu’as-tu emporté encore ?

Roland leur montre un petitobjet.

Danielle

Qu’est-ce exactement ?

Roland

Pour le moment rien mais cela peut devenir un capteur.

Olivier

C’est le plus petit deus ex machina que j’aie jamais vu.

Nestor

Il faudra créer une diversion.

Lucien

Non cela est impossible.

Nestor

Mais pourquoi ?

Lucien

Ce serait trop visible.

Olivier

Et puis il y a le risque d’engendrer une dégénérescence…

Lucien

Nous ne pouvons prendre ce risque.

Nestor

Et s’ils découvrent le capteur ?

Roland

Nous le détruirons aussitôt.

Nestor

Dans ce cas…

Olivier

Nous devrons nous délocaliser.

Danielle

C’est-à-dire ?

Olivier

En restant tous ici nous augmentons la probabilité qu’ils…

Lucien, en l’interrompant.

Cette pièce est celle qui a été le moins perturbée parl’intrusion temporelle. Toutes les autres sont dangereuses à présent.

Agnès

Sommes-nous prisonniers du temps ?

Lucien

Je ne le sais pas encore.

On entend un bruit.