5806 - Commentaire sur la certitude

Ν. Lygeros

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G. E. Moore: « Si tu sais que ceci est une main, nous t’accordons tout le reste »

L. Wittgenstein: « Dire que telle ou telle proposition ne peut être prouvée ne veut évidemment pas dire qu’elle ne peut être dérivée d’autres propositions; toute  proposition peut être dérivée d’autres propositions. Mais il se peut que celles-ci ne soient pas plus sûres que celle-là. »

H. Newman: « De ce qu’à moi ou à quiconque, il semble en être ainsi, il ne suit pas qu’il en est ainsi ». 

Formellement, G.E. Moore persiste à avoir un programme analogue à celui de D. Hilbert, sans tenir compte nullement ou par ignorance du théorème d’incomplétude de K. Gödel.

De plus, suite aux travaux de K. Popper, le Cercle de Vienne ne peut servir de base à de tels fondements.

Plus grave encore, l’existence même du théorème de Banach-Tarski qui met explicitement en défaut notre perception du monde à trois dimensions, jusque là considérée comme une évidence, exclut la possibilité de considérer cet espace ou du moins son existence  comme un truisme philosophique.

De manière plus fondamentale, la négation de la certitude ne se résume pas seulement à l’incertitude, ainsi que pourrait le suggérer l’étymologie du mot. L’absence de certitude est aussi un moyen d’accéder non seulement à la réflexion mais aussi à la liberté.